La liberté, le bien et le mal, avec un petit …

Ce que je voulais faire ressortir en ajoutant « avec un petit a, c, i ou p » dans les titres des pages précédentes, est le fait que  nous ayons tendance à idéaliser des concepts comme l’amour, la conscience, la liberté: l’amour infini, la conscience universelle, la liberté absolue… alors qu’ils correspondent en fait à des structures cérébrales (assurément très complexes et magnifiques) qui sont des résultats d’une très longue évolution du cerveau favorisant la survie des espèces animales, dont la nôtre. Je pense qu’il faut définir ces termes d’une façon plus pratique, plus concrète, plus possible.

Quelques définitions

L’amour est un sentiment très agréable qui porte un être vivant qui en aime un autre à le protéger, l’accompagner et à réaliser des projets avec lui ou elle (par exemple se reproduire).

La conscience est aussi une sorte de sentiment: celui d’être, d’être soi-même, distinct du reste du monde. La méditation serait ce sentiment à l’état pure. Mais très souvent le cerveau se focalise sur un objet ou un détail particulier parmi toutes les informations qu’il reçoit de l’extérieur par les sens ou de l’intérieur par les mécanismes de la réflexion; à ce moment, le sentiment de l’existence de l’objet se juxtapose au sentiment d’être. Le cerveau « prend conscience » de ce détail (confirme son existence), le compare aux données et relations emmagasinées en mémoire et le comprend (étymologiquement, le prend avec soi). (Ce mécanisme consolide alors les structures neuronales qui constituent le monde « virtuel » de la personne.) (En français, le mot conscience signifie aussi la capacité de juger la moralité de ses propres actes; ce n’est pas ce dont je parle ici.)

La liberté peut être considérée comme un sentiment. Un organisme va se sentir libre quand il peut faire ce qu’il veut, c’est-à-dire suivre consciemment ce que ses mécanismes internes de prise de décision lui proposent de faire, tout en acceptant certaines contraintes qui vont de soi (par exemple, il faut manger, dormir, se protéger des intempéries, contourner les obstacles physiques,…). Ces mécanismes internes de prise de décision  sont aussi des structures cérébrales qui dépendent  de l’hérédité mais qui ont aussi été modelées par les évènements vécus ou subis; le hasard joue certainement aussi un rôle important. (Ces mécanismes sont très complexes et cela a pu nous faire accroire à l’existence du « libre arbitre », c’est à dire à cette idée absurde de liberté absolue impliquant qu’une personne puisse agir en bien ou en mal et mériter alors une récompense ou une punition possiblement éternelle!)

Le bien et le mal doivent eux aussi être redéfinis, car le bien et le mal absolus n’existent pas. La nature se fout complètement qu’un édifice s’écroule sur vous à cause d’un tremblement de terre ou que vous mourriez infecté par un virus quelconque. Le bien et le mal sont des valeurs subjectives. Ce qui est bien pour l’un (manger du porc, par exemple), est mal pour l’autre (le porc est tué). Si l’espèce humaine disparaissait subitement, ce serait un mal pour elle, mais sans doute un bien pour le reste des êtres vivants! Ce qui a fait disparaitre les dinosaures (un mal pour eux), a permis l’expansion des mammifères et l’apparition de l’homo sapiens (un bien pour lui). C’est sûr que les atrocités faites par certains psychopathes nous apparaissent très mal, dégoutantes (viols, assassinats en série, tortures,…); quoique ça puisse paraitre étonnant,  pour le psychopathe, ces atrocités sont un bien pour lui, sinon il ne le ferait pas… (même si la conscience morale qu’on a pu essayer de lui inculquer l’informe que c’est mal, il ne l’accepte pas et cette idée peut même augmenter son plaisir…).

Essentiellement, le bien pour un organisme est ce qui lui donne du plaisir et le mal, ce qui le fait souffrir. Normalement, pour un individu ou pour une espèce, le bien aide à sa survie et le mal lui nuit. Le bien de l’un peut souvent être en conflit avec celui des autres. Le fait de relativiser les notions de bien et de mal nous amène à conclure que toute éthique ou toute morale n’est qu’une question de choix… souvent le choix du plus fort.

La responsabilité

La responsabilité aussi doit être redéfinie. Je dirais qu’une personne est responsable d’une action quand elle la fait librement, mais en utilisant la définition de la liberté énoncée précédemment; c’est-à-dire que la personne se sentait libre de faire cette action. Bien sûr,  la décision de faire cette action est prise avec les moyens qu’a son cerveau pour la prendre (lequel pouvant être grandement influencé par des conditionnements, des malfonctionnements ou déficits, ainsi que par les besoins et l’inexpérience de la personne). Pour comprendre une personne criminelle, il faut se mettre à sa place (complètement), et on se rend compte alors qu’on aurait fait la même chose… puisqu’elle l’a faite… Il ne sert à rien de considérer des personnes comme bonnes ou méchantes; une personne peut être inadaptée. La justice devrait chercher non pas à punir, mais à protéger la société, à aider les personnes inadaptées et surtout à mettre en place des moyens de préventions efficaces.

La perfection

Voilà une autre notion qu’il faut ramener sur terre à laquelle on donne un sens absolu absurde. La perfection dans son sens absolu caractériserait un être qui aurait toutes les qualités et aucun défaut; pour qu’un tel être existe, il faudrait que les qualités et les défauts puissent être définis de façon absolue: le bien absolu, la beauté absolu, la conscience absolu, la liberté absolue, etc. toutes des choses qui n’ont pas de sens. Comme on a vu, le bien est relatif et subjectif, c’est le cas de la beauté aussi, la conscience est une habileté du cerveau aidant sa survie, la liberté, une impression, etc. En fait, une objet peut avoir un défaut, seulement si, une personne considère qu’il manque quelque chose à cet objet: donc, un défaut, c’est tout-à-fait relatif et subjectif; un défaut n’existe pas en soi.

La perfection ne devrait avoir que son sens étymologique: un objet fabriqué serait parfait quand il correspond à ce qu’on a voulu faire, à ce qu’on a voulu atteindre comme objectif.

Un commentaire pour La liberté, le bien et le mal, avec un petit …

  1. Richard Bastien dit :

    Comment fais-tu Pierre ? Personnellement, j’en serais incapable.
    Comment fais-tu pour nous entretenir régulièrement de sujets sérieux ? Où puises-tu ton inspiration? Je suis bouche bée devant ton immense talent. Peut-être qu’un jour tu réuniras tes textes dans un seul document et que tu publieras un livre. Ta tendre moitié et tes enfants peuvent être fiers de toi. Bravo Pierre. Continue. J’ai hâte de te lire. Tes réflexions nous font réfléchir !
    Richard

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