L’argent 2 (Toute monnaie correspond à une dette)

Comment une banque crée la monnaie à partir de rien

Voici maintenant comment, en gros, la monnaie est créée de nos jours. La monnaie n’est plus reliée à des objets réels ou une matière quelconque comme l’or ou l’argent. En fait, elle est créée à partir de rien; ce n’est qu’une question d’écriture et de confiance. Une banque A va créer de l’argent pour vous quand vous demandez un prêt, disons de 10000$. Elle inscrit un montant de 10000$ dans votre compte ce qui s’ajoute à son passif, (c’est-à-dire ce qu’elle doit) et elle ajoute à son actif  (c’est-à-dire ce qu’elle a) le 10000$ que vaut votre promesse de rembourser (ainsi le bilan reste bien équilibré); et voilà, la banque vient de créer 10000$ d’argent neuf en utilisant votre crédit (et elle va vous demander de payer un intérêt pour ça…). Pensez-vous que la banque doit avoir cet argent dans ses coffres pour pouvoir vous le prêter? Pas du tout. (À moins que vous demandiez d’être payé comptant sur le champ.)

Les banques ont besoin de très peu de liquidité

Si vous faites un chèque ou si vous utilisez votre carte débit pour payer une personne ou une compagnie qui a un compte à votre banque, cette dernière va simplement soustraire le montant de votre compte et l’ajouter au compte de la personne ou de la compagnie (donc, l’actif et le passif de la banque restent inchangés); si la personne a un compte dans une autre banque B, alors, votre banque A pourrait devoir transférer une partie de son actif vers B, mais comme il y a eu d’autres chèques ou d’autres paiements qui ont été faits dans les deux sens (de A à B et de B à A), le transfert résiduel peut être une très petite fraction de toutes les transactions.

En effet, si le banquier est intelligent, la quantité de prêts qu’il fera sera plus ou moins proportionnelle à l’importance de ses clients de telle sorte que l’argent que sa banque devra remettre aux autres banques soit presque égal à l’argent qu’elle va recevoir des autres banques et il n’y aura pas besoin de liquidité; toutes ces transactions n’impliqueront alors que des écritures: on soustrait tel montant de tel compte et on additionne tel montant à tel autre compte. Autrement dit, il faut que les banques fassent des prêts, produisent de l’argent toutes ensemble. (Note 1: C’est ainsi que peut se produire une bulle financière: si toutes les banques se mettent à créer beaucoup d’argent en se préoccupant pas assez de la solvabilité des emprunteurs, et qu’elles prêtent toutes proportionnellement à l’importance de leur clientèle, alors elles n’ont pas ou peu besoin de liquidité et tout va bien jusqu’à ce que plein de clients se mettent à faire faillite, que la panique prend et que la bulle éclate…) (Note 2: S’il y a beaucoup d’initiateurs de projets prometteurs (les gens ont plein d’idée d’entreprises), ils vont emprunter aux banques et il y aura beaucoup d’argent en circulation et on sera riche; si, au contraire, les gens n’ont pas beaucoup d’initiatives et paient leurs dettes, alors l’argent en circulation va diminuer et on sera pauvre.)

Si nécessaire, une banque excédentaire peut faire un prêt à très court terme à une autre qui est déficitaire, car le lendemain le résidu à transférer pourra bien être dans l’autre sens. Ou, une des banques peut vraiment faire un transfert d’actif, mais alors, il faut qu’elle ait des actifs qui soient autre chose que des promesses de remboursements de particuliers…, ça lui prend des liquidités.

La banque centrale

C’est là qu’entre en jeu la banque centrale, il s’agit de la banque des banques; elle prête aux banques, mais jamais aux particuliers: chaque banque doit s’ouvrir un compte à la banque centrale et cette dernière peut inscrire, dans ce compte, de l’argent  qu’elle crée en échange de titres (du genre obligations d’organismes gouvernementaux ou autres) que la banque a pu obtenir en prêtant à ces organismes. Ainsi, si une banque doit un certain montant à une autre, elle lui fait un chèque de banque centrale permettant un transfert entre leurs comptes de banque centrale.

Ainsi, toutes les transactions pourraient se faire sans l’existence du moindre billet de banque; d’ailleurs, les billets de banque et les pièces de monnaie,  ne forment qu’une très petite fraction de l’argent existant; on peut imaginer que dans un avenir prochain, les billets et les pièces n’existeront plus.

Mais en attendant, la banque centrale imprime encore un peu de billets (de moins en moins). Les banques s’en procurent en retirant de l’argent de leur comptes de la banque centrale. Elles en gardent le moins possible dans leur actif (une somme correspondant à moins de 1% de tous les dépôts!). Ces billets sont des reconnaissances de dette au porteur de la part de la banque centrale. Un client d’une banque peut retirer de l’argent sous forme de billets, mais les banques font tout pour les en dissuader (cartes de crédit, de débit, chèques,…) car des billets mis en circulation entrainent une diminution de son actif.

Toute monnaie correspond à une dette

Mais, en résumé, on peut dire que toute monnaie correspond à une dette. Sans dette, pas d’argent. Si tout le monde payait toutes ses dettes, il n’y aurait plus d’argent pour faire rouler l’économie! Si une personne a de l’argent dans son compte de banque sans être endettée elle-même, sachez que ce sont d’autres qui le sont pour elle.

On se rend compte que les banques ont un pouvoir important (créer de l’argent!). Aussi, elles peuvent en abuser; pour les contrôler, les gouvernements imposent des règlements qui peuvent varier d’un pays à l’autre. Une dérèglementation trop permissive peut amener les banques à exagérer pour essayer d’avoir des profits excessifs et ce qui peut entraîner des bulles (comme la récente bulle immobilière aux USA) et parfois leurs faillites.

Est-ce un système acceptable?

Mais même bien règlementé, on peut se demander si c’est un système acceptable; d’abord parce que cet argent que les banques créent à partir de rien, est prêté avec intérêt! On peut comprendre qu’un prêt comporte des frais et des risques et ça peut justifier les intérêts, mais, si on considère les profits exorbitants des banques, c’est clair, que les intérêts sont trop élevés. En plus, quand on y pense, des intérêts, c’est un transfert d’argent des gens qui ont besoin d’argent vers ceux qui en ont trop; ça augmente donc l’écart entre les pauvres et les riches.

Les états s’obligent à emprunter (avec intérêts) aux banques privées pour financer leur déficit. C’est sans doute pour s’assurer qu’aucun gouvernement ne crée trop d’argent et produise une situation inflationnaire catastrophique. C’est peut-être aussi pour faire pression sur les gouvernements afin qu’ils ne fassent pas de déficit…, mais alors ça, ça n’a pas marché. Mais ceci est une très bonne affaire pour les banques. On constate maintenant que les états, s’étant obligés à payer des intérêts, se sont très endettés: en fait, les dettes actuelles des états sont comparables au total des intérêts qu’ils ont dû payer.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s