Le plaisir et la douleur

Comme un germe de conscience s’est développé dès la première cellule vivante sous la forme de mécanismes permettant de distinguer celle-ci de son environnement, les précurseurs du plaisir et de la douleur sont apparus dès les premières bactéries. En effet, la cellule devait être capable de faire la différence entre ce qu’elle est et ce qui l’entoure, mais elle devait aussi protéger son intégrité, chercher ce qui favorise sa survie et fuir ce qui aurait l’effet contraire. Voilà ce qu’est le rôle essentiel du plaisir et de la douleur : vous influencer pour que vous agissiez en fonction de votre survie et de celle de votre espèce. Une bactérie ou une amibe ne peut sans doute pas ressentir de la douleur ou du plaisir, mais, il y a déjà en elles des mécanismes qui permettent une meilleure survie en réagissant de façon appropriée aux stimuli. Dans le même but, chez les êtres vivants avec cerveau, des structures neuronales se sont développées pour produire la douleur et le plaisir. Ceux-ci sont des signaux très forts d’alarme ou d’encouragement que le cerveau envoie à la conscience pour qu’elle prenne les moyens qui s’imposent.

La douleur est très utile à votre survie : si « vous couper » ne vous faisait pas mal, après quelque temps, il ne vous resterait plus de doigts. Ce qui est curieux, c’est que ce plaisir que l’on recherche tant, cette douleur que l’on fuit, c’est rien du tout sinon que des fonctions neurologiques nous poussant à survivre. Pourtant, vous ressentez vraiment une douleur de dent comme vous voyez très bien le rouge d’une pomme : mais ce ne sont, dans les deux cas, que des créations du cerveau, ça n’existe que dans votre monde virtuel, dans votre monde subjectif. Vous vous faites souffrir vous-même!

Ces mécanismes de plaisirs et de douleurs, comme toutes les structures du cerveaux, sont extrêmement complexes, et comme tous systèmes complexes, c’est « normal » que, parfois, ils fonctionnent de travers ou fonctionnent pour rien. Aussi, parfois, notre cerveau a beau s’évertuer à nous avertir qu’il y a quelque chose qui ne va pas (en nous faisant souffrir), nous ne trouvons pas de moyens pour régler le problème et nous souffrons jusqu’à la mort ou jusqu’à ce que notre organisme ait trouvé par lui-même un moyen de résoudre le problème et de retrouver la santé. (Bien sûr, on peut prendre un médicament antidouleur, en attendant…) Parfois, la cause de la douleur est essentiellement au niveau du cerveau: un choc nerveux, une grande déception, une humiliation, une perte, un deuil; le cerveau vous fait souffrir pour vous avertir que certains de ses circuits ont été détraqués, bousculés, confrontés, court-circuités et qu’il vaut mieux vous reposer pendant qu’il met beaucoup d’énergie à retrouver une nouvelle harmonie.

Est-ce que la douleur est un mal et le plaisir, un bien? On a vu que douleur et plaisir sont essentiels à la survie. Une douleur inutile ou qui aurait pu être évitée devrait-elle être considérée comme un mal? Et un plaisir inutile…?  Les notions de bien et de mal seront peut-être l’objet d’une prochaine page de ce blog…

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