Le sens de la vie

C’est une mauvaise habitude que nous avons de vouloir donner un sens à tout; c’est qu’on agit généralement pour des motifs précis: on cultive les légumes pour manger, on construit sa maison pour s’abriter, etc. Mais en fait, il n’y a pas de sens à l’existence, à la vie. Nous sommes apparus par hasard, par un concours de circonstances très improbables, sans raison, sans but. (Et en admettant que notre vie serve à atteindre un but quelconque: la vie éternelle, le nirvana ou autre chose du genre, alors qu’elle serait notre raison d’être après avoir atteint ce but? Il ne peut pas y avoir un sens à tout, il faut que ça s’arrête un moment donné.)  Il reste que nous sommes là, vivants, sensibles, intelligents, conscients et curieux, et que nous sommes, ainsi que le monde qui nous entoure, des phénomènes vraiment étonnants.

Nous pouvons décider, cependant, de donner un sens à notre vie. Ce pourrait être la recherche du bonheur. (Le bonheur étant un ensemble de plaisirs, bien dosés afin qu’ils se perpétuent et qu’ils ne se transforment pas en cauchemars; c’est un état de santé physique et psychologique; ce n’est pas l’absence de douleurs: celles-ci, qu’on doit quand même toujours chercher à fuir,  sont essentielles au maintien de la vie). Si nous sommes heureux, c’est tant mieux; ça signifie que nous vivons en harmonie avec ce que nous sommes. Mais à quoi bon… Je ne veux pas choisir la recherche du bonheur comme ma raison de vivre: quand je serai mort, d’avoir été heureux ou pas, ça ne fera en soi aucune différence, tout sera effacé.

Je dirais que le bonheur, ou ce qui s’en rapproche, est une condition favorable pour nous aider à cheminer dans le sens que nous allons donné à notre vie. Donc, ça vaut la peine d’essayer d’atteindre le bonheur pour soi et pour tous les humains, mais ce ne devrait pas être notre but ultime et essentiel. (Rappelez-vous qu’ après tout, le bonheur, les plaisirs, les douleurs, les sentiments et les sensations, ne sont rien d’autres que des activités électro-chimiques (bien que très complexes) dans et entre les neurones de notre cerveau et qui cesseront à la destruction de ce cerveau.)

Mais alors, en tant qu’espèce animale dotée d’intelligence et de conscience, quel sens devrions-nous donner à notre existence (en plus de perpétuer et multiplier notre ADN…)? Notre espèce est vraiment privilégiée du fait que nous puissions nous poser cette question! (En fait, ce n’est qu’une minorité des individus de notre espèce qui peuvent ou veulent se poser cette question…) Voici le sens que nous devrions donner à notre existence: il faut chercher à comprendre de mieux en mieux. En fait, de tout temps, des humains ont essayé de comprendre en observant la nature et en scrutant leur « âme »: c’est qu’ils savaient instinctivement que si on comprend, on a plus de chance de survivre; mais aussi, la recherche les a mené (et nous mènera) vers des horizons insoupçonnables.

Une erreur qu’il ne faut plus faire est, par paresse ou pour se rassurer, de s’imaginer comprendre à partir d’une illusion, d’une hallucination, d’un raisonnement métaphysique ou d’affirmations ou « révélations » venant d’autres humains qui eux se basaient sur le même type de fondations « spirituelles »; maintenant qu’on comprend un peu mieux le cerveau, nous savons qu’il faut se méfier de nos « expériences intérieures ». Ne nous mettons pas des bâtons dans les roues en acceptant des croyances, même si les plus beaux raisonnements métaphysiques nous portent à penser que ça aurait du bon sens. Croire à un mythe, c’est se tromper à coup sûr parce que les mythes sont imaginés par des humains dont le cerveau est incapable de s’imaginer la réalité. Croire, c’est s’arrêter de chercher, c’est même nuire à la découverte.

Admettons sainement qu’on ne sait pas, et cherchons. Je pense que les progrès récents époustouflants des sciences et des techniques nous permettent d’être optimistes. La recherche est de plus en plus emballante. Toute la société doit prioriser la recherche qui doit être le centre de nos activités. Il faut donc voir à ce que les conditions les plus favorables à la recherche soient instaurées et maintenues pendant au moins quelques millions d’années. Je vous expliquerai dans mes prochains textes comment on peut faire cela.

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3 commentaires pour Le sens de la vie

  1. Richard Bastien dit :

    Je connais personnellement un chercheur en Amélioration Génétique des Plantes. (Ex: maïs grains blancs/grains jaunes, raisin et melon d’eau sans pépin, trouver des solutions aux maladies des plantes). J’ai hâte de lire tes prochains textes et de lui en faire part. C’est vrai Pierre que la recherche est de plus en plus intéressante. Tes réflexions sont profondes et nous portent à réfléchir. Ça change des conversations: météo, auto, sexe, violence, guerre et sport.
    Ribas

  2. Augusta dit :

    Bonjour Pierre,
    Merci de partager cette réflexion. Je suis moi-même très cartésienne à la base, je prône le rejet de tout ce dont on peut douter pour reconstruire à partir d’une base apurée. Pourtant, surtout ces dernières années, je me rends compte de la force de la croyance, le pouvoir de l’esprit (placebo, etc.) et je ne dirais pas qu’il faille rejeter cela.

    • Merci beaucoup Augusta pour votre commentaire. J’apprécie ce tout premier commentaire d’une personne que je ne connais pas! Merci aussi pour votre effort de nuancer mes propos. Permettez-moi quand même de vous répondre et de préciser ma pensée sur le « pouvoir de l’esprit ». Le mot « esprit » laisse trop sous-entendre l’opinion (de Descartes justement) qu’une personne a une âme et un corps distincts. Je préférerais parler du pouvoir du cerveau. Pour moi, le pouvoir des croyances et autres placebo, c’est le pouvoir du mensonge. Je ne nie pas ce pouvoir: on peut mentir à une personne pour qu’elle ne se fâche pas ou qu’elle ne soit pas triste. Pour savoir si un placebo a un effet, il faudrait faire une expérience où on donnerait le même placebo à deux groupes en disant au premier qu’il s’agit d’un médicament et au deuxième qu’il s’agit d’un placebo; je ne suis pas sûr qu’on verrait une différence significative entre les résultats; oui, certains malades guérissent en prenant un placebo, mais peut-être qu’il n’en aurait pas pris et le résultat aurait été le même. Quant aux croyances, si elles peuvent aider de quelques façons, je suis déçu qu’il faille se mentir à soi-même pour avoir ces résultats. Marx a écrit que la religion est l’opium du peuple; j’aimerais qu’on n’ait pas besoin de cet opium pour vivre heureux et bien conscient. Le croyance au père Noël peut émerveiller un enfant, mais on peut trouver dans la vérité et la réalité amplement de quoi émerveiller quiconque. J’admets que la conviction d’un athlète qu’il peut gagner la médaille d’or pourra lui donner la motivation nécessaire pour fournir l’effort nécessaire. Sans doute aussi que d’être optimiste facilite le bonheur et la santé. Etc. Vous dites que c’est surtout ces dernières années que vous vous rendiez compte de la force de la croyance et du pouvoir de l’esprit; j’apprécierais beaucoup que vous précisiez votre pensée sur ce sujet par quelques exemples. Amicalement. Pierre Morin

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